Une langue meurt quand l’esprit l’abandonne.
Une langue meurt quand l’esprit l’abandonne.
Un article de Victor Nguyen intitulé Maistre, Maurras, Guénon : contre-révolution et contre-culture reprend un certain nombre de note, dont voici quelques-unes. Il est question entre-autre dans cet article des problèmes linguistiques dans le Sud-Ouest de la France. Les Dossiers H – René Guénon - 1983
« L’époque actuelle se caractérise par une décomposition du langage – donc finalement de l’action – qui est le signe de la fuite de l’esprit hors de la réalité : du concret du quotidien et du peuple, où il devait s’incarner. Dans le langage ne s’accomplit pas l’absolu, mais l’acte humain par excellence : une pensée devenue une parole. C’est parce que je suis un homme, où le ciel s’accomplit dans la terre, que cessant de jouer avec les mots, je dois user avec crainte et tremblement. Dans le même sens on peut lire les réflexions de Marcel De Corte. L’intelligence en péril de mort – Club de la Culture Française.
On comprend la réaction en faveur des langues prétendument dites « régionales » relativement préservées de la boursoufflure contemporaine. Le phénomène est général et dépasse le cadre des seuls autonomistes. Ainsi ces savants américains dépeints par Raymond Ruyer dans sa Gnose de Princeton (Fayard 1974) qui « établissent en eux une protection douanière… contre les informations qui saturent l’espace social, contre les informations qui saturent l’espace social, comme les photons l’espace physique. Ils essaient de ne pas s’abandonner à la mentalité de nouveau riche ou de sauvage émerveillé devant l’emploi des techniques. Ils essaient d’éliminer les informations non assimilables, les nourritures étrangères. Plusieurs renoncent à la télévision. Quelques-uns « oublient » systématiquement les langues étrangères qu’ils connaissent (ou inversement, reviennent, en Amérique, pour l’usage intime, à leur langue maternelle). Ce qui nous oriente vers la nature d’une évolution régressive. Déjà Levi Strauss nous a rappelé l’extrême richesse sémantique du vocabulaire des peuples qualifiés de « primitifs » (cf. La Pensée sauvage, Plon)
Plus récemment, nous sont venues les réflexions particulièrement fascinantes de grand linguistes catalan, Henri Guiter, dans une article consacré à L’Évolution du Langage : « Nous avons constaté par l’étude d’un nombre de traits forcément bien réduit, une dégradation progressive de la morphosyntaxe du langage humain au fur et à mesure de son évolution : J’ai choisi l’étude de la seule morphosyntaxe plutôt que celle de la phonétique ou du lexique, parce que c’est elle qui caractérise de la manière le plus pénétrante la structure d’une langage (…)… le langage humain a subi une mutation analogue à l’évolution géologique, qui se déroule toujours sous nos yeux. Le temps a lutté contre lui et lui a imposé une érosion, un nivellement continu. Plus la langue est archaïque, plus son mécanisme subtil est apte à traduire sans ambiguïté toutes les démarches de l’esprit humain. La remontée du cours des siècles nous achemine vers un instrument de plus en plus délicat et de plus en plus parfait » (Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées orientales, Perpignan.
Un article de Victor Nguyen intitulé Maistre, Maurras, Guénon : contre-révolution et contre-culture reprend un certain nombre de note, dont voici quelques-unes. Il est question entre-autre dans cet article des problèmes linguistiques dans le Sud-Ouest de la France. Les Dossiers H – René Guénon - 1983
« L’époque actuelle se caractérise par une décomposition du langage – donc finalement de l’action – qui est le signe de la fuite de l’esprit hors de la réalité : du concret du quotidien et du peuple, où il devait s’incarner. Dans le langage ne s’accomplit pas l’absolu, mais l’acte humain par excellence : une pensée devenue une parole. C’est parce que je suis un homme, où le ciel s’accomplit dans la terre, que cessant de jouer avec les mots, je dois user avec crainte et tremblement. Dans le même sens on peut lire les réflexions de Marcel De Corte. L’intelligence en péril de mort – Club de la Culture Française.
On comprend la réaction en faveur des langues prétendument dites « régionales » relativement préservées de la boursoufflure contemporaine. Le phénomène est général et dépasse le cadre des seuls autonomistes. Ainsi ces savants américains dépeints par Raymond Ruyer dans sa Gnose de Princeton (Fayard 1974) qui « établissent en eux une protection douanière… contre les informations qui saturent l’espace social, contre les informations qui saturent l’espace social, comme les photons l’espace physique. Ils essaient de ne pas s’abandonner à la mentalité de nouveau riche ou de sauvage émerveillé devant l’emploi des techniques. Ils essaient d’éliminer les informations non assimilables, les nourritures étrangères. Plusieurs renoncent à la télévision. Quelques-uns « oublient » systématiquement les langues étrangères qu’ils connaissent (ou inversement, reviennent, en Amérique, pour l’usage intime, à leur langue maternelle). Ce qui nous oriente vers la nature d’une évolution régressive. Déjà Levi Strauss nous a rappelé l’extrême richesse sémantique du vocabulaire des peuples qualifiés de « primitifs » (cf. La Pensée sauvage, Plon)
Plus récemment, nous sont venues les réflexions particulièrement fascinantes de grand linguistes catalan, Henri Guiter, dans une article consacré à L’Évolution du Langage : « Nous avons constaté par l’étude d’un nombre de traits forcément bien réduit, une dégradation progressive de la morphosyntaxe du langage humain au fur et à mesure de son évolution : J’ai choisi l’étude de la seule morphosyntaxe plutôt que celle de la phonétique ou du lexique, parce que c’est elle qui caractérise de la manière le plus pénétrante la structure d’une langage (…)… le langage humain a subi une mutation analogue à l’évolution géologique, qui se déroule toujours sous nos yeux. Le temps a lutté contre lui et lui a imposé une érosion, un nivellement continu. Plus la langue est archaïque, plus son mécanisme subtil est apte à traduire sans ambiguïté toutes les démarches de l’esprit humain. La remontée du cours des siècles nous achemine vers un instrument de plus en plus délicat et de plus en plus parfait » (Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées orientales, Perpignan.